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Photographier les champignons en forêt

Photographie de champignons de forêt

Photographier les champignons en forêt est un bon moyen de se reconnecter avec la nature mais aussi de sublimer des espèces au premier abord pas forcément glamour. J’ai débuté la photographie des champignons il y a quelques années avec des photos plutôt standards. Je continue aujourd’hui ce travail en étant toujours à la recherche de nouvelles espèces et de nouveaux angles de vue. J’aime rechercher ces petits détails qui font la spécificité de chaque spécimen. Dans cet article, j’aborde brièvement la recherche des champignons en forêt, les conseils pour réussir ses photos et j’élargis mon travail vers des photos plus artistiques. Bonne lecture !

Rechercher les champignons en forêt

Il n’y a pas besoin de grand-chose pour photographier les champignons si ce n’est une paire de bottes, un bon sens de l’observation et un peu de contorsion pour se mettre au même niveau que les spécimens. Les champignons poussent partout en forêt : au sol, sur les souches. Ils peuvent pousser dans la mousse, dans les feuilles mortes ou sur un tronc d’arbre. Autant dire que si les conditions météorologiques sont réunies, il y a de quoi faire ! Peu importe qu’ils soient comestibles et toxiques, l’important ce n’est pas de les manger mais bien de les photographier !

Champignons dans la mousse

Sur la photo ci-dessus, le champignon a poussé dans la mousse sur un tronc couché au sol. Un arrière-plan dégagé a permis de réaliser un joli bokeh.

Matériel pour bien photographier les champignons

amelles sous le chapeau d'un champignon, photo prise en automne

Du point de vue des réglages, avec un reflex Canon : mode AV car sujet immobile, ISO assez bas pour une meilleure qualité de la photo. J’utilise un objectif 18-55 et un 24-105mm ainsi que des bagues allonges selon la taille du champignon. Pour obtenir un joli bokeh et isoler le champignon du reste de la forêt, une grande ouverture est à privilégier.

Clavaires, champignon corail blanc

La forêt étant assez sombre, un trépied sera indispensable (dans ce cas, enlever le stabilisateur). Le top étant le gorillapod pour avoir une grande souplesse au niveau des pieds notamment pour se mettre au ras du sol. Car oui, il faut se mettre au même niveau que le champignon. Pour éviter tout flou en appuyant sur le déclencheur, je conseille d’utiliser le retardateur ou une télécommande.

Et, concernant la météo, le soleil n’est pas forcément l’ami des photographes surtout en forêt où il génère de forts contrastes. Il vaut mieux privilégier un temps couvert ou pourquoi pas un temps légèrement pluvieux qui fera ressortir les couleurs.

Photographier les champignons en forêt et notamment la vesse de loupe perlée

Enfin, une petit nettoyage du champignon peut s’avérer nécessaire pour retirer épines de sapin ou feuilles qui pourraient cacher une partie du spécimen ou attirer le regard. Si vous ne savez pas si le champignon est toxique ou pas, éviter de le toucher directement avec vos doigts. Le résultat doit être naturel : un champignon visible sans pour autant avoir l’impression que le balai a été passé autour du spécimen ! 🙂

N’hésitez pas à tourner autour du sujet pour trouver le meilleur angle de vue tant au niveau du champignon que de l’arrière-plan. Et l’avantage avec ce type de sujet, c’est que vous pouvez prendre votre temps pour le photographier.

Quelques champignons trouvés en forêt

La mucidule visqueuse (Oudemansiella mucida)

La mucidule visqueuse pousse sur les arbres morts ou affaiblis. Comme son nom l’indique, le chapeau blanc a une apparence visqueuse et brillante. Le dessus du chapeau n’a pas d’intérêt particulier. Par contre, vue de dessous l’aspect translucide sublime les lamelles du champignon.

Sous le chapeau de la mucidule visqueuse
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LE champignon : l‘amanite tue-mouches (amanita muscaria)

Amanite tue-mouches en forêt. Amanita muscaria

Mon champignon préféré reste l’amanite tue-mouches. J’ai eu la chance à plusieurs reprises de tomber sur des spécimens intacts. L’amanite tue-mouches, c’est un champignon visuellement incroyable pour le photographe, avec sa couleur rouge et ses flocons blancs. On le reconnaît entre tous et on le repère facilement.

Amanite tue-mouches
Mini amanite tue-mouches, amanita muscaria

Avec des tailles différentes et un cycle de vie plus ou moins avancé, ces amanites, rassemblées ainsi, pourraient s’apparenter à une famille réunissant plusieurs générations.

J’ai découvert une amanite malheureusement en grande partie abîmée. Comment faire pour immortaliser la découverte ? Se focaliser sur la petite partie intacte. Avec ces petits points rouges réguliers, les lamelles semblent cousues au chapeau.

Photographier les champignons et développer une approche artistique

Au fil des années, je cherche davantage à travailler mes photos en post-production pour parvenir à un résultat plus artistique. Je cherche aussi à raconter une histoire au moment où la photo à été prise.

Superposition et dégradé de couleurs – Tramètes versicolores

Champignons en automne en forêt, photographie artistique de tramètes versicolor
« Superposition et dégradé de couleurs »

Je me souviens très bien le jour où j’ai pris cette photo. Je me baladais en forêt, il pleuvait. Occupée à chercher des champignons, c’est en levant la tête que j’ai remarqué la brume se faufilant lentement entre les arbres. La forêt, déjà assombrie par une météo pluvieuse, devenait lugubre. Perdue au milieu de ce brouillard, je me suis dit que ce 31 octobre était une journée parfaite pour Halloween. J’ai trouvé l’inspiration juste avant de quitter la forêt en découvrant ces tramètes versicolores sur un gros tronc d’arbre couché au sol. J’ai tout de suite été attirée par ces champignons imbriqués les uns dans les autres avec leurs formes en éventail. Le dégradé de couleurs attire le regard. Il est encore plus sublimé quand on assombrit ce qu’il y a tout autour.

Ondulations automnales –

Photographier les ondulations d'un chapeau des champignons
« Ondulations automnales »

J’ai remarqué un groupe de champignons à la taille assez conséquente au milieu des feuilles mortes. Ce n’est pas leur couleur, ni la multitude des spécimens que j’ai choisi de mettre en avant, mais plutôt le large chapeau. En effet, les fortes ondulations de ce dernier en plus d’être légèrement enroulé sur lui-même et en forme d’entonnoir laissait apparaître les fines lamelles en-dessous. Prise en automne, le nom de cette photo a été rapidement trouvé !

Ramifications – Calocère visqueuse

Champignons en automne en forêt, calocère visqueuse, Calocera viscosa
« Ramifications »

Cela faisait des années que je voyais à chaque automne la calocère visqueuse dans ma forêt à champignons mais je n’avais jamais pris le temps de la photographier. Allez savoir pourquoi ! La calocère visqueuse est un petit champignon qui pourrait passer inaperçu s’il n’avait pas cette couleur orange vif. Tout en ramifications, ce champignon ressemble au corail que l’on voit dans les fonds marins. En faisant preuve d’imagination, on peut aussi y voir les bois d’un cerf. Avec cette souche assombrie en arrière-plan, la couleur et la forme mettent en avant ce champignon et le subliment tout simplement.

Texture laineuse – Bolet pomme de pin

Photographier les champignons : bolet pomme de pin en forêt
« Texture laineuse »

Avec son aspect pas banal, le bolet pomme de pin m’a tout de suite tapé dans l’œil ! Situé au pied d’un hêtre, le champignon est assez robuste et bien implanté dans le sol. Sa spécificité réside au niveau du chapeau couvert d’écailles tachetées, à la texture laineuse. En vieillissant, il noircit et il met plusieurs semaines avant de disparaître. Son aspect n’incite pas à la consommation mais attire l’attention et révèle la diversité des champignons qui poussent dans nos forêts. Je me revois la première fois que j’ai découvert ce champignon mêlant curiosité et émerveillement. Je ne connaissais pas son nom mais, j’ai tout de suite su que le chapeau serait le sujet de ma photo.

Velours pourpre – Laccaire améthyste

Photographier les champignons : laccaire amethyste
« Velours pourpre »

Oh mais il est joli ce champignon ! Et voilà, il n’en fallait pas plus pour que je m’attarde un petit moment dans la forêt. La spécificité de ce champignon réside dans sa couleur pourpre et l’aspect velours de son chapeau. Si mes recherches sont justes, c’est un laccaire améthyste. Avec cette couleur, on pourrait prêter à ce champignon des effets psychotropes mais il n’en est rien : apparemment, c’est un bon comestible. Une fois n’est pas coutume, j’ai très peu assombrie la photo pour mieux faire ressortir l’association de couleurs pourpre/vert.

Oublié après la cueillette – Trompette des morts

Trompette de la mort, champignons de la forêt
« Oublié à la cueillette »

Spécimen rescapé après le passage d’un cueilleur de champignons, cette magnifique trompette des morts se dresse fièrement au milieu de la mousse dans laquelle elle a poussé. Habituellement, ce sont des groupes bien denses qui poussent dans la forêt d’où l’originalité de ce spécimen solitaire. Ce champignon tire son nom lugubre de la période à laquelle on peut le ramasser en abondance, aux alentours de la Toussaint donc de la fête des morts. Ne vous fiez ni à son nom ni à sa couleur sombre, ce champignon est parfaitement comestible.

Un petit buisson élégant – Clavaire en chandelier (artomyces pyxidatus)

Photographie artistique d'une clavaire, artomyces pyxidatus
« Un petit buisson élégant »

Un groupe de clavaires a pris possession d’un tronc d’arbre mort dans ma forêt à champignons. Il n’en fallait pas plus pour que je m’installe à cet endroit. De couleur blanc crème, la spécificité de ce champignon réside dans sa ressemblance avec des coraux. A cet endroit, il y en avait de toutes les tailles : des petits coraux composés de 2 ou 3 branches aux buissons denses bien ancrés sur l’écorce. Je n’avais que l’embarras du choix pour ma photo. J’ai opté pour un spécimen bien fourni, composé d’épaisses et de nombreuses ramifications. Pourquoi celui-là me direz-vous puis ce qu’il y en avait tant ? Tout simplement pour sa ramification qui se détache des autres sur la gauche. De cette manière, je peux mettre en avant l’élégance et la délicatesse de ce champignon jusque dans ses extrémités.

Enchevêtrement – Armillaire couleur de miel

Armillaire couleur de miel, champignons en groupe

Ces armillaires couleur de miel sont omniprésentes ces derniers jours dans la forêt. Elles poussent en masse principalement autour des souches d’arbre et c’est justement une souche massive au bord d’un chemin qui a attiré mon attention. Enchevêtrés les uns dans les autres, ces armillaires bien groupées forment une virgule. La douce couleur du champignon s’oppose à la rugosité et à la noirceur de la souche.

Photographier les champignons en forêt

Si vous aimez photographier les champignons, vous savez que les espèces sont très nombreuses. Perso, je ne me lasse pas de les photographier. La diversité des spécimen apporte, à chaque automne, de nouvelles idées et de jolis projets. Trouvez votre forêt à champignons et amusez-vous ! A bientôt !

Emilie


J’aime photographier les champignons, je cherche à connaître son nom mais je ne suis pas une spécialiste des champignons. Malgré mes recherches, il se peut qu’une erreur se soit glissée dans le nom d’un champignon. N’hésitez pas à me le faire savoir 🙂

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2 commentaires

  1. Coucou, de passage sur ton blog, j’aime beaucoup tes photos de champignon.

    1. emilie a dit :

      Merci, le thème des champignons a été l’occasion de nombreuses balades en forêt 🙂

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